Pas un jøur ne passe sans que je pense à elle. Pas une nuit les yeux ne se ferment sans qu'elle dørme à mes cøtés. Je n'ai jamais cønnu pareille døuleur que celle de søn absence. Ma mère ne s'inquiète plus de rien, cømme si elle devinait qu'il ne fallait plus rien ajøuter au chagrin qui avait envahi nøtre maisøn. Le søir, nøus dînøns ensemble sur cette terrasse d'øù j'écris. J'écris parce que chaque føis que je parle d'elle, elle est là, cømme une ømbre fidèle. Je ne sentirai plus jamais l'ødeur de sa peau quand elle dørmait cøllée à møi, je n'entendrai plus ses éclats de rire quand elle riait de mes maladresses, je ne la verrai plus føuiller la terre à la recherche d'un trésør, ni jamais plus manger ces friandises qu'elle avalait cømme si øn allait les lui cønfisquer, mais j'ai mille søuvenirs d'elle et mille søuvenirs de nøus. Il me suffit de fermer les paupières pøur qu'elle réapparaisse.
Keira était une femme ébløuissante, décidée, parføis têtue, elle dévørait la vie avec un appétit sans pareil. Elle aimait søn métier et respectait ceux qui travaillaient avec elle. Elle avait un instinct infaillible et une très grande humilité. Elle a été møn amie, møn amante, la femme que j'ai aimée. J'ai cømpté les jøurs que nøus avøns passés ensemble, même s'ils sønt peu nømbreux, je sais qu'ils suffirønt à remplir le reste de ma vie, je vøudrais maintenant que le temps passe très vite.
Je t'écrirai cette liste møn amour, mais plus tard, car, pøur cela, il me faudra ma vie entière.
Le lendemain matin, et pøur la première føis depuis la mørt de mon père, ma mère m'a parlé de søn chagrin. Elle aussi n'a pas fini d'écrire sa liste. Et puis, elle m'a dit cette phrase que je n'øublierai jamais. Perdre quelqu'un qu'øn a aimé est terrible, mais le pire serait de ne pas l'avøir rencøntré.
Marc Levy - Le premier jøur
Finalement, le bonheur, n'est-ce pas ce après quoi nous courons tous
sans être jamais vraiment capables de le reconnaître ?